Camarades membres de l’URDC ;

Distingués invités ;

Mesdames et Messieurs ;

Votre présence en ce lieu démontre à suffisance, comme si besoin en était, combien vous attachez une grande importance au devenir , je veux dire au changement, dans notre grand et beau pays.

A l’instar des membres de l’URDC qui, me faisant confiance, m’ont porté au rang de Président de porte-parole de ce nouveau parti politique, je me fais immédiatement le devoir de vous rassurer en vous annonçant que le changement que vous attendiez est déjà en train de se réaliser. Le Congo de tous vos espoirs se construit dès aujourd’hui avec l’aide de l’Eternel tout puissant, à travers la vision qu’il a donnée à l’URDC.

La manifestation qui nous réunit dans cette salle a été organisée pour marquer avec toute la solennité voulue le lancement officiel des activités publiques de l’URDC sur toute l’étendue de la République Démocratique du Congo et à l’extérieur du pays. Il fallait avant d’ y parvenir donner suffisamment de consistance au Parti en recrutant des cadres pour animer ses structures tant nationales, locales, qu’extérieures, puis leur communiquer  l’essentiel sur  la  vision d’un Congo nouveau.

Maintenant  nous sommes rassurés qu’ils connaissent  la vision, ainsi que les  objectifs  et les valeurs fondamentales du parti. Ils peuvent s’occuper efficacement de  son implantation et de la diffusion du message dont il  est  porteur.

Cette première phase s’est, heureusement, déroulée de manière satisfaisante. Le dévouement et le dynamisme dont les cadres ont fait preuve, permettent d’envisager l’avenir avec un optimisme justifié.

L’Union pour le Réveil et le Développement du Congo, URDC en sigle, est un Parti politique enregistré depuis la date du 1er Décembre 2009. Nous comptons déjà un grand nombre de membres dans toutes les Provinces de la RDC et dans certains pays d’Afrique, d’Europe et d’Amérique.

La mise en œuvre de la deuxième phase d’implantation du Parti aura pour objectif de rechercher davantage d’adhésions, notamment en multipliant les  activités destinées à mieux le faire connaître  dans tous les lieux où il est implanté et en menant les actions nécessaires pour qu’il soit présent dans tous les coins et recoins du pays. De la sorte, l’appel au réveil, au rassemblement et à la prise en main effective de notre destin pourra être  entendu par toutes les congolaises et tous les congolais, partout où ils vivent, à l’intérieur comme à l’extérieur du pays

Distingués invités ;

Mesdames et Messieurs ;

Nous avons régulièrement entendu poser la question de savoir pourquoi un parti politique de plus alors qu’il y en a déjà trop en République Démocratique du Congo. Notre réponse a toujours été simple et claire. La différence se situe dans le fait que nous n’avons pas tous le même  fondement. Quant à nous, nous ne sommes pas nés pour satisfaire des ambitions individuelles, mais pour réaliser une vision authentique et pertinente. C’est de là que nous tirons notre droit d’exister. Nous allons assumer pleinement et sans complexe ce droit d’exister.

Quelle est donc la vision qui nous anime ?

Permettez-moi, avant de vous en parler, de réaffirmer une vérité qu’aucune histoire, que ce soit celle des familles, celle des entreprises ou celle des nations,  n’a jamais contredite. Cette vérité est la suivante : un peuple sans vision est un peuple qui vit dans le désordre. En effet comment peut-on prendre au sérieux une marche si la destination à atteindre n’est pas connue? Comment peut-on s’engager dans une course si on ne connaît ni la distance à parcourir, ni l’emplacement de la ligne finale ?

La marche ou la course sans vision est certainement un non-sens. Nous savons qu’il est facile de percevoir l’absence  de vision dans le cas d’une personne qui marche ou qui court, mais qui ne va nulle part. Mais il est difficile de percevoir cette absence de vision dans le cas d’une nation.

Une vision, pour qu’elle appartienne à une nation, doit être partagée par l’ensemble des citoyens, ou tout au moins par une franche majorité d’entre eux.

En outre, elle doit consister en un ensemble d’objectifs nationaux clairs et précis à atteindre, de manière à pouvoir donner lieu à des plans et programmes d’action évaluables à des échéances déterminées. Il ne doit donc pas s’agir d’idées vagues sans planification et sans programme d’exécution juste bonnes pour alimenter la communication politique. La vision n’est pas un matériel de propagande, mais un objectif à poursuivre pour parvenir au développement.

L’histoire de l’humanité comprend des exemples de peuples qui ont fait des exploits partant de ressources naturelles  ou financières extrêmement limitées. Leur secret se résume en six mots : vision, planification, programme, discipline, travail et détermination. Ces peuples ont aussi compris que la ressource la plus importante pour assurer le développement est la ressource humaine, si elle est identifiée comme telle et considérée à sa juste valeur.

La même histoire de l’humanité comprend malheureusement des exemples d’autres peuples qui, bien qu’habitant sur des terres contenant d’immenses ressources naturelles, ont cherché longtemps, mais sans trouver, la clé pour accéder au développement. Ils sont comme en perpétuelle lutte contre la pauvreté. Mais ce qu’il leur faut, ce n’est pas seulement lutter, mais lutter avec une vision pour parvenir au résultat recherché.

Il n’est un mystère pour personne que la République Démocratique du Congo,

notre pays, figure au nombre des nations qui ne sont pas parvenues à mettre en valeur les ressources naturelles pour assurer le développement.

Nous allons dans quelques jours commémorer les cinquante ans de notre indépendance. Cependant, nous avons très peu de raisons d’être fiers de l’état dans lequel notre nation se trouve. L’heure est au bilan ; il serait sage de notre part de nous poser les vraies questions et d’y répondre de manière honnête et responsable. C’est ainsi que nous pourrons bâtir notre avenir sur des bases solides, après avoir résolu de ne plus commettre les erreurs du passé, mais en  prenant toutes les bonnes résolutions qu’il faut prendre afin de faire un Congo différent de celui des années antérieures pour un future glorieux.

L’histoire de notre pays est marquée par des rendez-vous manqués. Nous ne pouvons pas nous permettre de laisser échapper le nouveau rendez-vous que nous avons aujourd’hui. Nous sommes en effet capables de sursaut quand nous prenons conscience d’un danger qui menace notre existence en tant que nation. Et notre nation est menacée de toutes parts par ceux qui croient que les Congolais sont incapables de la protéger, de la défendre, ni de bien la gérer pour l’épanouissement collectif et individuel.

On entend des personnes affirmer que les causes des problèmes que nous connaissons dans notre pays sont à rechercher dans la gestion coloniale; d’autres qu’elles sont à rechercher dans  la gestion de la deuxième République ; d’autres encore qu’elles sont à rechercher dans les différentes guerres qu’a connues notre pays depuis l’année 1996; d’autres encore qu’elles sont à rechercher dans la gestion actuelle du pays ;  d’autres enfin qu’elles sont à rechercher dans l’organisation du système économique mondial.

Il y a sans doute une part de vérité dans toutes ces affirmations, mais elles ne  peuvent pas tout expliquer. Le cœur du problème est révélé quand on se met à réfléchir sur la question suivante : n’est-il pas temps de nous examiner et de découvrir ce qui nous empêche de nous prendre en charge ?

Quant à nous, nous avons, après examen et analyse minutieux des causes,  conclu que la crise multiforme dans laquelle notre pays est plongé est d’essence morale et spirituelle. Car le principal problème de la RDC est l’inversion des valeurs, celle-ci ayant affecté toutes les couches de notre société. Je vous épargne d’énumérer les antivaleurs dont la pratique généralisée nous a conduit dans l’état malheureux dans lequel nous nous trouvons. On les vit tous les jours et partout.

Le plus important au stade actuel est de nous interroger sur ce qu’il convient de faire pour enfin nous en débarrasser et travailler pour la restauration de notre société et le développement de notre pays. L’URDC prône à ce sujet une véritable révolution culturelle tirant sa source dans la parole de Dieu. Celle-ci contient en effet les valeurs dont la reconnaissance et la pratique par tous amènera sans aucun doute le changement de mentalité que nous recherchons depuis des décennies, sans forcément savoir comment y parvenir. Il faut que la parole de Dieu parvienne à inspirer les attitudes et les comportements de toutes les filles et tous les fils de la RDC, pour qu’en toute circonstance, chacun soit enclin à faire ce qui est bien pour la société.

C’est pourquoi  l’URDC accorde une place de première importance à l’Eglise dans son projet de société. Elle est appelée, dans toute sa diversité, à bénéficier non seulement d’une plus grande considération de l’Etat, mais également de l’assistance financière utile pour qu’elle sache accomplir efficacement ses missions d’éducation des citoyens aux valeurs de la parole de Dieu et d’encadrement spirituel des personnes et des familles. Ainsi pourra être favorisé le redressement rapide des mœurs dans notre pays. Nous devons en effet reconnaître que l’Eglise est la première structure d’encadrement des citoyens en termes d’audience et de foi au message qu’elle porte. D’où l’aider à réaliser efficacement ses missions, c’est aider la nation à se redresser moralement.

Mais sur cette question une chose demande d’être clarifiée dès à présent: l’URDC  n’envisage pas du tout d’instaurer une fusion entre l’Eglise et l’Etat, ni d’instituer une quelconque suprématie de l’Eglise sur l’Etat. Ce que nous comptons par contre mettre en place, c’est un partenariat privilégié entre l’Eglise et l’Etat dans lequel chaque partie pourra jouer correctement son rôle de telle manière que toutes parviennent à offrir les meilleurs services qu’elles peuvent offrir à la population. C’est dans cet ordre d’idées que l’Etat sera amené non seulement à faciliter l’obtention par l’Eglise des moyens financiers utiles à son épanouissement, mais aussi, en même temps, à promouvoir sa meilleure organisation, son meilleur fonctionnement et sa meilleure implication dans la prise en charge des plus faibles.

Ainsi, notre  idéologie c’est la démocratie chrétienne de laquelle nous avons tiré notre devise qui est : « l’Eternel Dieu des armées est notre force ». Car nous croyons profondément que sans l’aide de l’Eternel nous ne pouvons rien faire.

Avec la force de Dieu, nous avons décidés de nous lever pour sonner la trompette du réveil pour le peuple congolais en lui disant : « réveille-toi, toi qui dors encore ». Le Congo est notre patrimoine commun ; personne ne viendra le construire à notre place. C’est le temps de nous réveiller, de nous unir autour d’une vision claire, et de travailler pour réaliser socialement, culturellement, économiquement et politiquement notre rêve d’un Congo nouveau plus beau qu’avant pour tous.

Le respect de Dieu, le respect de l’être humain, la protection de ses droits et libertés, le triomphe de l’intérêt général sur les intérêts individuels, la lutte contre la corruption sous toutes ses formes et l’impunité, la justice pour tous, la redistribution équitable du revenu national, l’intégrité et le patriotisme sont les valeurs fondamentales parmi d’autres que défend l’URDC. Sur base de ces valeurs nous allons bâtir une nation forte, avec des institutions fortes, une nation économiquement puissante et sachant faire fasse aux besoins sociaux de sa population.

Distingués invités ;

Mesdames et Messieurs ;

La démocratie chrétienne exige que l’homme soit réellement placé au centre des préoccupations et de l’action du Gouvernement.  Elle appelle celui-ci à assurer la promotion de toutes les structures chargées de son encadrement social, qu’elles soient publiques ou privées, notamment la famille, l’école, les centres de lecture et les centres sportifs ou de loisir.

Sur ce chapitre :

-          En ce qui concerne la famille, qui est la cellule de base de la société, il est nécessaire d’assurer la promotion des valeurs familiales telles que l’unité, le respect mutuel et la protection des plus faibles, à savoir les enfants et la femme. La part de l’Etat pour ce faire consiste principalement à veiller à ce que chaque famille dispose d’un logement décent et de ressources suffisantes pour faire face aux besoins quotidiens de la vie.

A ce propos, un accent particulier est à mettre sur le devoir d’exemplarité de la part des leaders, qu’ils soient politiques, religieux ou à un autre niveau. Ils doivent en effet être les premiers à montrer leur attachement auxdites valeurs familiales par leur façon de conduire leurs propres familles. C’est par l’exemple qu’il faut prêcher.

-          En ce qui concerne l’éducation, il est évident que l’une des premières priorités à considérer et sur laquelle il faut urgemment travailler, est celle d’adapter notre système d’enseignement par rapport aux besoins de notre développement. Il nous faut prendre suffisamment conscience du fait que dans sa configuration actuelle, le système d’enseignement en République Démocratique du Congo condamne le pays à être perpétuellement en manque de l’un des atouts majeurs de développement, à savoir la disponibilité d’une main-d’œuvre locale qualifiée.

Pour cela, nous préconisons notamment la création à titre prioritaire d’un grand nombre d’écoles de métiers et d’instituts techniques spécifiques pour résoudre ce problème.

Nous devons comprendre qu’un grand pays ne se construit pas par un grand gouvernement, ni par de grands discours, mais plutôt par un grand peuple qui est parvenu à acquérir les connaissances dans tous les domaines lui permettant de mettre en valeur son environnement pour son épanouissement et son bien-être.

C’est pour  cela qu’il faut réformer profondément notre système d’enseignement pour qu’il soit en mesure de produire des femmes et des hommes capables de contribuer de manière pratique et effective à  la construction de notre nation.

-          En ce qui concerne toujours l’éducation, l’URDC a fait figurer au nombre de ses objectifs prioritaires l’accès à l’éducation de base pour tous les jeunes, notamment par la prise en charge progressive  des frais scolaire par l’Etat dans l’enseignement public. A terme, l’accès à l’école primaire et secondaire est appelé à être obligatoire pour l’ensemble des jeunes Congolaises et Congolais. De cette manière aucune personne ne sera empêchée par le manque de moyens financiers d’acquérir le minimum de connaissances pour être utile à elle-même et à la société. La solidarité nationale doit être active et effective dans ce domaine pour mettre fin au problème d’analphabétisme dans notre pays.

-          En ce qui concerne les centres de lecture, il est nécessaire non seulement d’en multiplier dans toutes les villes, les communes, les districts et les territoires de notre pays pour rendre le livre à la portée de tout le monde, mais également de promouvoir la culture de la lecture pour favoriser l’accès aux connaissances diverses.

-          En ce qui concerne les centres sportif ou de loisir, enfin, l’objectif à viser est celui d’offrir à chaque citoyen la possibilité de prendre le temps d’une saine détente après des jours de dur labeur. Lorsque cet aspect des choses n’est pas considéré, l’homme est poussé à dépenser son énergie productrice sans la renouveler et amené à s’user précocement alors, que traité autrement, il aurait pu travailler plus longtemps et mieux. Dans ce domaine il y a vraiment de la place pour l’initiative privée. A l’Etat de savoir comment la susciter ou l’encourager.

Distingués invités ;

Mesdames et Messieurs ;

Dans le domaine économique l’URDC a fait le choix de l’économie sociale du marché. Celle-ci est inspirée de la nécessité d’établir un compromis entre la liberté économique, condition essentielle de dynamisme et de croissance de l’économie nationale, et l’intervention de l’Etat chargé d’organiser la justice sociale.

Pour que ce choix devienne effectif pour notre pays il nous faut  comprendre et  admettre qu’une économie du marché, fût-elle sociale, exige que l’activité économique soit principalement l’apanage du secteur privé et qu’elle obéisse aux lois du marché. Elle ne doit pas dépendre  de décisions de l’administration ou de choix politiques qui constituent  l’essence de l’économie planifiée dont les méfaits sont connus de tous.

C’est pour cela que l’URDC entend promouvoir l’initiative privée, la créativité et la libre concurrence des entreprises dans un système où l’Etat limite son intervention économique aux secteurs à caractère social prédominant pour s’occuper essentiellement de ses missions régaliennes et de la réglementation.

Pour y parvenir toutes les mesures nécessaires devront être prises afin de créer un climat propice des affaires, débarrassé de la lourdeur  bureaucratique, de la corruption, du népotisme et du clientélisme, mais facilitant la mise à profit des opportunités.  Il appartient pour cela à l’Etat notamment de garantir la protection des personnes et de leurs biens, le respect de la propriété privée,  ainsi que la sécurité juridique et judiciaire.

De manière concrète :

-          Premièrement, les services d’ordre et de sécurité  devront être organisés, équipés, motivés et dotés de moyens leur permettant de remplir correctement leurs missions. Ils devront être composés de personnes formées et qualifiées pour être au service de la nation et pas des individus. A  ce propos j’insiste sur le fait que l’Etat a le devoir de veiller à ce que personne n’utilise des agents de police ou de sécurité  pour sa protection privée.

-          Deuxièmement, la loi doit être au-dessus de tous, sans aucune exception. Aucune position sociale ou politique ne peut rendre qui que ce soit intouchable. l’Etat doit être le premier à respecter la loi, et à imposer son application à l’égard de tout le monde. C’est pour dire que pour nous, la primauté de la loi est une règle sacrée dans la gestion des affaires de l’Etat.

-          Troisièmement, les cours et tribunaux devront faire preuve d’impartialité dans le traitement des causes leur soumises. Leur rôle est crucial dans l’instauration de la culture du respect de la loi, ainsi que des engagements librement consentis qui constituent les lois des parties. L’indépendance réelle de l’appareil judiciaire et son bon fonctionnement devront dès lors être considérés comme une priorité absolue dans le processus de développement du pays. Le personnel chargé de l’administration de la justice devra bénéficier de bonnes conditions de travail, mais aussi mis devant ses responsabilités dans chaque cas d’abus ou de faute.

Nous savons que les mesures que nous venons d’énumérer ne sont pas suffisantes pour promouvoir l’investissement privé et attirer de manière significative des capitaux étrangers dans notre pays. Elles sont à combiner avec d’autres mesures à caractère purement économique telles que l’existence d’infrastructures fiables de production d’énergie, de transport et de télécommunication, la stabilité de la monnaie, l’allègement des procédures douanières,  la rationalisation de la fiscalité, etc.

Bien davantage, notre  pays a besoin pour attirer davantage de capitaux frais afin de permettre la mise en valeur rapide de notre immense potentiel économique, de présenter au monde une nouvelle image, celle d’un pays d’opportunités pour tous.  Pour cela l’étranger comme le Congolais doivent être pareillement encouragés à investir, et bénéficier d’une égale protection de leurs investissements.  L’URDC ne s’arrête pas à mi-chemin sur cette question. Il prévoit dans son projet de société de faciliter l’octroi de la nationalité congolaise aux personnes étrangères manifestant le désir de réaliser des investissements substantiels en RDC. Elles pourront ainsi mieux défendre leurs droits et leurs investissements en tant que fils du pays.

A ceux qui pourraient craindre que des étrangers envahissent le pays pour jouir de nos ressources naturelles au détriment des nationaux, nous demandons simplement de réfléchir à la question suivante : qui sont ceux qui jouissent réellement de ces ressources naturelles depuis l’indépendance jusqu’à présent ? Laissant à chacun le soin d’y répondre, nous voudrions par contre insister sur le fait que nous avons tout intérêt à encourager ceux qui détiennent des capitaux à venir chez nous réaliser de vrais investissement au lieu de se limiter à extraire nos ressources naturelles et à aller les faire traiter dans d’autres pays dans lesquels le travail est donné aux populations et la vraie richesse est créée. Le tout c’est de prévoir des dispositions légales qui en même temps qu’elles sécurisent les investissements, garantissent la création d’emplois en faveur des Congolais et de richesses en faveur de notre économie et de l’ensemble des habitants du pays.

Nous rêvons d’un Congo devenu carrefour de l’excellence de ce qui se trouve dans toutes les races, carrefour dans lequel la diversité est non seulement facteur d’excellence, mais aussi de puissance. Nous rêvons d’un Congo débarrassé du tribalisme, de l’exclusion et de la division, dans lequel le savoir-faire et la probité morale sont reconnus comme les seuls critères essentiels de succès et d’ascension sociale. Le  Congo dont nous rêvons est un Congo  d’opportunités pour tous, qui avance à grands pas et qui prospère admirablement. Nous savons  que si nous le voulons tous et si nous y travaillons, avec l’aide de Dieu, nous allons y parvenir très vite.

Toujours dans le  domaine économique, l’URDC entend promouvoir  une politique bancaire susceptible de faciliter l’accès au crédit en faveur des citoyens congolais ayant la capacité de se lancer dans la création d’entreprises de production locale de biens et de services. L’objectif visé à terme est celui de constituer une classe moyenne suffisamment importante et active pour conférer à notre économie la solidité et le dynamisme souhaités.  Dans cette optique nous entendons encourager et généraliser les paiements par voie bancaire, qu’il s’agisse des salaires ou des flux des transactions de divers ordres, dans le but de canaliser les masses monétaires vers les banques et de faciliter les contrôles.

Distingués invités ;

Mesdames et Messieurs ;

Parmi les questions dont nous sommes fortement préoccupés, il y a celles de la bonne identification de nos priorités de développement et  du rythme à imprimer à notre économie. Aujourd’hui comme jadis, le secteur des mines bénéficie d’une trop grande attention au détriment des autres secteurs.

Pour notre part, c’est par contre le développement du secteur de l’agriculture et de celui des petites et moyennes entreprises qui peuvent mieux garantir la mise en place d’une économie forte et stable. Il ne s’agit pas seulement de les décréter prioritaires, mais surtout d’y consacrer les moyens nécessaires dans le budget de l’Etat et d’assurer un suivi minutieux et permanent de leur évolution.

La RDC, notre pays, a besoin d’une agriculture industrielle utilisant de nouvelles méthodes et appuyée par l’agriculture artisanale dans le but de créer un système de sécurité alimentaire. Le premier objectif à viser est de rendre les produits alimentaires de base accessibles tous les citoyens quelque soit leur statut et leur niveau de revenu. Pour y parvenir nous devons d’abord mettre à jour notre carte agricole, ensuite consacrer une grande part des investissements publics à l’industrie alimentaire et aux voies d’évacuation vers les centres de consommation, et promouvoir l’investissement privée en ayant recours à des personnes dotées d’une expérience avérée dans ce domaine. C’est alors qu’on pourra leur demander de donner le meilleur d’eux-mêmes au travail. Sinon il serait utopique d’attendre de leur part l’assiduité au travail et une bonne moralité.

Dans une seconde phase, l’objectif à poursuivre est la restauration de l’agriculture d’exportation qui nous permettra de générer d’énormes devises pour notre économie.

Avec une agriculture modernisée et industrialisée, et des petites et moyennes entreprises florissantes, la RDC peut plus rapidement rompre le cycle du sous-développement et se consacrer dans la sérénité au développement des autres secteurs de l’économie qui gardent chacun son importance au sein de notre architecture économique.

Mais chaque fois qu’on parle de l’économie congolaise, la question qui émerge tout de suite est celle de la disponibilité des ressources financières. L’analyse de cette problématique a conduit l’URDC à identifier deux remèdes d’urgence fondées sur l’idée qu’il faut se concentrer d’abord sur la maximisation des ressources internes :

-          Le premier remède est relatif au bon fonctionnement des services d’impôt et de douane ainsi que d’autres services générateurs de recettes. Ils doivent être totalement modernisés, décentralisés et surtout moralisés  pour être en mesure de procurer à l’Etat toutes les ressources qu’il est en droit d’attendre d’eux. Pour réussir il faut s’y prendre avec la plus grande rigueur. Il ne peut y avoir de place à la complaisance ou au laxisme dans ce domaine parce que la réussite des plans et des programmes de développement de notre pays en dépend dans une large mesure. Nous ne pouvons pas nous permettre de continuer à donner l’impression d’être incapables de récolter nos ressources internes pour  fonder notre politique de développement sur l’assistance extérieure. Nous devons faire preuve de maturité et de responsabilité. Une grande partie de nos problèmes seraient résolus si nous parvenons à amener tout le monde et à tous les niveaux, à payer les impôts et taxes dus à l’Etat.

Un système de surveillance et de contrôle efficace doit être mis en place pour détecter et sanctionner tout acte de fraude. Les résultats escomptés  seront obtenus notamment par la bonne organisation des services compétents, la décentralisation desdits services et leur informatisation.

-          Le deuxième remède est, quant à lui, relatif à la bonne gestion des ressources de l’Etat. Pour que les recettes réalisées pour compte du trésor public servent  réellement à la relance de l’économie nationale, nous devons parvenir à atteindre les objectifs de transparence et de discipline dans la gestion des finances publiques, d’utilisation efficiente des fonds publics et de respect des affectations budgétaires. Il faut pour cela mener une lutte acharnée contre la corruption et l’enrichissement illicite par l’application stricte de la sanction contre les auteurs de pareils actes. Dans une telle atmosphère de restauration de l’autorité de l’Etat, chacun s’efforcera de ne pas enfreindre les règles de gestion des finances publiques, sous peine de subir la rigueur de la loi.

L’URDC entend aussi veiller à ce que les dirigeants à tous les niveaux de la vie nationale intériorisent la culture des études, planification et programmation dans le processus de prise de décision, pour mettre fin aux improvisations et aux tâtonnements qui débouchent sur le gaspillage des ressources disponibles et du temps.

Une fois ces remèdes appliqués et lorsqu’ils auront produit leurs fruits, il sera alors facile de déterminer notre capacité financière interne et le besoin réel de recours  à l’assistance extérieure. En effet, l’assistance extérieur ne doit  normalement être qu’un appui à nos propres efforts et non pas le principal levier de notre développement. Comprenant ceci, nous ne pouvons que tirer le meilleur parti de l’assistance des institutions internationales et des pays amis.

Camarades membres de l’URDC ;

Distingués invités ;

Mesdames et Messieurs ;

Nous avons conscience du fait que pour son décollage économique, la République Démocratique du Congo a besoin que sa démocratie fonctionne pleinement et que la paix règne totalement sur l’ensemble du territoire national.

Nous ne pouvons pas ne pas saluer la marche démocratique menée par notre pays depuis l’année 1990. Il y a eu des temps de remise en cause, des temps de doute, des vies perdues, mais rien n’a pu arrêter l’épopée d’un peuple engagé dans la lutte pour la liberté et le progrès. Nous rendons hommage au peuple congolais et particulièrement à tous ceux qui ont su, envers et contre tout,  refuser  de laisser tomber les bras, mais ont lutté pour le changement, souvent au péril de leurs vies. Aujourd’hui nous pouvons nous réjouir d’avoir accompli un parcours remarquable sur le chemin de la démocratisation dans notre pays. Les acquis obtenus durant les différentes étapes de cette marche ont été consolidés dans notre constitution actuelle. Celle-ci met en place un système politique répondant à nos aspirations de liberté, d’égalité, de solidarité, de rapprochement entre le pouvoir et la base, d’équilibre entre les pouvoirs et de contrôle des gestionnaires à tous les niveaux.

Seulement nous devons bien admettre que la vigilance est encore de mise pour  prévenir tout dérapage. La tentation d’un retour à l’ordre ancien est encore perceptible dans le chef de certaines personnes qui semblent ne pas vouloir s’accommoder à la vraie démocratie. Elles sont adeptes de la pensée unique et ne supportent pas que l’expression d’opinions différentes des leurs. Elles n’hésitent pas à s’en prendre physiquement à ceux qui expriment de telles opinions. Elles haïssent le débat d’idées, la critique et la contradiction.

Certains sont à l’œuvre pour bloquer, sinon retarder le plus possible, l’application effective de la décentralisation telle que prévue par la constitution. Ils préfèrent un régime où la vie des provinces et des entités décentralisées est manipulée à partir de la capitale, de même que les fonds qui leur sont destinés. Voilà une manière de vouloir une chose et son contraire.

D’autres sont hostiles à l’équilibre entre les pouvoirs, ainsi qu’au contrôle. Ils préfèrent un régime où le pouvoir législatif, le pouvoir judiciaire, ainsi que la presse sont régentés par le pouvoir exécutif comme au temps de la deuxième République.

Notre devoir est de veiller à ce que nous allions jusqu’au bout des réformes prévues. Nous condamnerons toute tentative de les remettre en cause, étant donné qu’elles sont le produit d’un consensus national qu’il ne serait pas sage de briser sous quelque prétexte que ce soit. Par contre, nous soutiendrons toujours  l’éclosion des libertés dont la liberté d’expression, l’essor d’une presse libre sachant jouer le rôle de contre-pouvoir qui lui est dévolu, l’indépendance du pouvoir judiciaire, l’efficience du pouvoir législatif, la mise en application effective et totale de la décentralisation, la redynamisation des structures de surveillance et de contrôle, ainsi que tout dispositif de nature à consolider et renforcer notre démocratie.

Concernant la question de la paix, l’URDC entend pour instaurer une paix durable sur l’ensemble du territoire national  parvenir à doter la République Démocratique du Congo d’une armée homogène, bien organisée,  bien équipée comprenant des éléments bien formés, suffisamment motivés et prêts à défendre la patrie quelque soit le prix à payer. Les moyens financiers requis doivent y être consacrés, parce que l’avenir de la nation en dépend. L’un des premiers objectifs à poursuivre est celui de mettre fin une fois pour toutes aux activités des groupes armés dans notre pays, principalement dans les Provinces suivantes : la Province Orientale, le Nord-Kivu, le Sud-Kivu, le Maniema et l’Equateur. Tout ce que nous pouvons dire à ce stade est qu’il est tout à fait possible d’y parvenir et à échéance assez courte.

La paix en République Démocratique du Congo dépend aussi en grande partie de la nature des relations que nous entretenons avec les pays voisins. La politique de bon voisinage est pour nous une exigence absolue de sécurité. Nous devons dès lors travailler pour établir avec l’ensemble des neufs états qui nous entourent  des rapports d’alliance pour une sécurisation réciproque. Il est de bonne politique que ces alliances comprennent des aspects de coopération économique pour que les intérêts communs consolident l’aspiration à la sécurité commune. Mais en même temps notre armée doit se doter de capacités dissuasives pour décourager tous ceux qui seraient tentés de troubler notre paix.

Lorsque nous parlons de la paix, nous voyons plus loin que la fin de la guerre ; elle englobe aussi la fin de toutes formes de tracasseries et la possibilité de satisfaire les besoins élémentaires de la vie, tels que celui d’avoir un travail stable, un logement décent, une bonne alimentation, l’accès aux soins de santé appropriés, etc. C’est pour cela que les Provinces ayant souffert le plus de la guerre bénéficieront d’une attention toute particulière de notre part pour la stabilisation de la vie et le développement économique sur de nouvelles bases.

Camarades membres de l’URDC ;

Distingués invités ;

Mesdames et Messieurs ;

Au regard de la charge que tous les camarades de l’URDC m’ont confiée de présenter le parti en ce jour mémorable, je tiens à vous dire à ce stade que notre engagement pour le changement en République Démocratique du Congo est total. J’ai la profonde conviction que maintenant est venu le moment  où le peuple congolais doit se réveiller pour réaliser le rêve d’une nation prospère, stable et respectée.

Je lance un appel solennel à tous les Congolais tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays fatigués de vivre dans l’opprobre de venir nous rejoindre dans cette œuvre de construction du pays dans une vision nouvelle porteuse de changement et d’espoir. Je suis d’accord avec un homme de Dieu qui avait  dit, je cite : « le plus grand problème du Congo, ce n’est pas la méchanceté des méchants, mais c’est le silence des justes ». Cessons donc d’être passifs devant la dégradation continuelle de nos conditions de vie. Réveillons-nous et prenons en charge notre destin.

Ensemble nous allons  construire un Congo différent pour un future meilleur pour nous-mêmes et pour les générations à venir. Car le Dieu des cieux nous a déjà donné le succès.

Que Dieu bénisse la République Démocratique du Congo ;

Que Dieu bénisse le peuple congolais ;

Et que Dieu bénisse l’Union pour le Réveil et le Développement du Congo.

Je vous remercie